18 avril 2026

Année
2026
sujet
Chaîne Youtube
Catégorie
Vidéo
Product Duration
2 MOIS
Depuis toujours, j'ai grandi avec l'envie de découvrir le monde. Pas juste le voir défiler depuis une fenêtre d'avion, mais vraiment le ressentir, le traverser, le comprendre de l'intérieur.
Pendant longtemps, cette envie est restée exactement là où elle était, dans ma tête. Entre les habitudes, la routine et le confort rassurant de ce qu'on connaît, partir seul vers l'inconnu est plus facile à imaginer qu'à faire.
Alors un jour, j'ai décidé que ça suffisait. J'ai choisi l'Irlande comme premier terrain d'exploration, un pays que je ne connaissais pas, une culture qui m'était étrangère, et personne à côté de moi pour amortir le choc. Un voyage solo, le premier, celui qui allait me forcer à sortir de ma zone de confort pour de vrai.
Documenter cette expérience était une évidence. Non pas pour montrer des paysages ou cocher des destinations, mais pour capturer quelque chose de plus intime, ce que ça fait de se retrouver seul face à soi-même, loin de tout ce qu'on connaît, dans un pays dont l'histoire et la beauté brute vous prennent par surprise.
SUSTAIN est né de là, à l'intersection entre la découverte du monde et le changement d'un Homme.

Dès le départ, je voulais faire une vidéo qui se répondait en tout point. Pas un documentaire de voyage d'un côté et une réflexion personnelle de l'autre, mais un tout cohérent où chaque élément, le concept, la narration, les images, servait la même intention.
L'idée d'utiliser le Sustain comme fil conducteur est née de là. En musique, le Sustain désigne la résonance d'une note après qu'elle a été jouée, cette vibration qui persiste longtemps après que le son se soit éteint. C'est exactement ce que je voulais capturer : ce qu'un voyage continue de faire en vous une fois qu'il est terminé. J'ai donc construit la vidéo autour de trois actes empruntés à l'enveloppe sonore (Attack, Decay, Sustain) pour donner une structure musicale à une expérience humaine.
Le choix d'écrire après le voyage était délibéré. Je voulais d'abord vivre pleinement cette expérience, la laisser se déposer, avant de mettre des mots dessus. Écrire pendant aurait risqué de parasiter le ressenti avec la recherche de formules. En écrivant après, je pouvais puiser dans quelque chose de vrai plutôt que dans des artifices.
La direction artistique est née d'un paradoxe que j'ai ressenti dès mes premiers jours en Irlande, la coexistence troublante entre une beauté à couper le souffle et une austérité presque violente. Le Connemara est magnifique et rude en même temps, généreux et implacable. Pour retranscrire ce paradoxe, j'ai choisi le noir et blanc. Pas comme un effet esthétique, mais comme un outil narratif, pour faire ressortir les contrastes, laisser la lumière et l'ombre se confronter, et forcer le regard à aller chercher ce qui se cache derrière la surface.
Lier l'histoire du pays à mon ressenti personnel était au cœur du projet depuis le début. Le Connemara n'est pas qu'un paysage, c'est une terre marquée par des siècles de douleur, de résistance et d'identité préservée contre toutes les odds. En découvrant cette histoire sur place, j'ai réalisé qu'elle faisait écho à quelque chose de beaucoup plus universel. Ce parallèle entre l'histoire d'un territoire et le voyage intérieur d'un homme est devenu la colonne vertébrale de toute la narration.
Tourner seul un projet de cette ambition posait une contrainte de taille : comment faire une vidéo documentaire sans en faire un vlog, et sans se mettre soi-même au centre du cadre ?
Dès le départ, je ne voulais pas que cette vidéo parle de moi. Je voulais qu'elle parle à travers moi, que mon expérience devienne un point d'entrée vers quelque chose d'universel. Pas "regardez ce que j'ai vécu", mais "voilà ce que nous ressentons tous, quelque part".
Pour y parvenir, j'ai fait le choix de ne pas me filmer en continu. Plutôt que d'interférer avec ce que je vivais, je prenais d'abord le temps d'exister dans le moment, de le ressentir pleinement, avant de sortir la caméra pour le capturer. Cette façon de travailler m'a permis de préserver l'authenticité de l'expérience tout en la documentant honnêtement.
Côté matériel, je me suis équipé d'une Sony A7 IV avec un zoom 24-105mm, un choix délibéré pour couvrir toutes les situations sans avoir à changer d'objectif et rater l'instant. Un trépied complétait le setup, indispensable pour soigner la composition et travailler des plans fixes qui laissent respirer l'image, sans jamais trahir l'intention documentaire du projet.
Au montage, l'enjeu était de tenir deux énergies en équilibre : créer une vidéo fraîche et dynamique d'un côté, tout en laissant au spectateur le temps de ressentir le gigantisme et le calme de certains paysages de l'autre. Alterner entre rythme et respiration, entre tension et silence, pour que le montage lui-même raconte quelque chose.
La musique a été un outil de création à part entière. Chaque choix musical a été pensé pour se coller au plus près de l'émotion voulue, non pas pour illustrer ce que l'image montre, mais pour amplifier un ressenti. Le son et l'image travaillent ensemble, comme deux voix qui racontent la même histoire.


